Des politiques publiques inspirées par des généralités. Une absence notable d'études préalables qui engendre un choix précipité d'effacement des étangs. 
 
Quelles sont les pratiques qu’il nous faut tous changer ? 
 
Les dernières catastrophes naturelles illustrent les effets dévastateurs que les évènements climatiques peuvent avoir sur nos sociétés. Il est encore courant d’entendre dire que si les mares et les étangs avaient une utilité dans le passé, ce n’est plus le cas aujourd’hui !!! En réalité, ces milieux aquatiques et les ressources qu’ils constituent, jouent un rôle socio-économique essentiel et ils offrent des solutions durables à des problèmes cruciaux tels que : sécheresses, inondations et incendies.  Les exemples sont nombreux, connus et partiellement intégrés, tant et si bien que les politiques et nos élus (nationaux et régionaux) se sont emparés de la problématique dans le cadre de la transition environnementale et climatique. A la lecture de ces nombreux projets ou le mot « étang » apparait avec plus d’éclat pour participer à la gestion des inondations ou de la sécheresse, le Syndicat des Etangs Corréziens se réjouit. Il compte beaucoup sur ce nouveau volet pour mettre en valeur la place de nos étangs au sein des paysages et de la transition écologique. Eté 2019, la Creuse a mis en avant l’utilité des étangs, notamment pour l’abreuvage, l’irrigation et la continuité de certains cours d’eau asséchés.  Tout récemment, la ville de Rambouillet dans les Yvelines vient d’équiper ses étangs de vannes entièrement automatisées permettant de contrôler la quantité d’eau présente dans ces derniers, le choix initial de l’effacement a été abandonné au profit du maintien en eau pour les espèces animales et végétales mais aussi pour lutter contre les inondations. Des chercheurs ont mis en évidence qu’en dehors de la période estivale, l'évaporation due à un étang est comparable à celle des modes d'occupation du sol voisins (forêt, culture, jonchaie...) Cependant, cette perte hydrique pendant une période de stress hydrique (sécheresse) est bien supérieure pour la forêt que pour l'étang. De même, en comparant l'évaporation d’un étang à celle d’une même superficie de prairie humide, celle-ci peut être jusqu’à deux fois supérieure à celle de l’étang. Le bilan annuel hydrologique réel des étangs démontre qu’il est favorable à la recharge en eau des milieux adjacents.  Tout en pointant que nombre de documents administratifs se laissent aller à des généralités et des prescriptions sans mesure réelle des milieux concernés, certaines structures ne semblent pas voir dans nos étangs tout l’intérêt qu’ils présentent. L'effacement priorisé et l'assèchement des plans d'eau est une doctrine sans légitimité technique et scientifique. Son bilan environnemental n'a semble-t-il jamais été étudié et ne répond ni aux enjeux de la gestion quantitative de l'eau ni à ceux de la biodiversité Corréziens, conservons nos étangs… 
 
Thierry Lissac,  Président du Syndicat des Etangs Corréziens Site internet : www.syndicat-etangs-correziens.com